L'EXISTENTIALISME

             L’existentialisme est né au milieu du XIXe siècle au Danemark avec Sören KIERKEGAARD (1813-1855), puis en Allemagne (de 1890 à 1940) avec Friedrich NIETZSCHE, Edmund HUSSERL[1] (1859-1938), Karl JASPERS (1883-1969) et Martin HEIDEGGER. Il place l’existence (le sens de la vie) et son absurdité au cœur de la réflexion. C’est un mouvement philosophique et littéraire qui a aussi touché la France (des années 1930 aux années 1960) avec  des auteurs comme Jean-Paul Charles Aymard Sartre, Maurice Merleau-PONTY, Simone de BEAUVOIR, Albert CAMUS, etc.). Ce mouvement devient populaire avec Sartre, notamment avec son œuvre L’existentialisme est un humanisme. L’existentialisme sartrien est athée : « si Dieu n’existe pas, il y a au moins un être chez qui l’existence précède l’essence, un être qui existe avant de pouvoir être défini par aucun concept et […] cet être c’est l’homme »[2]. Ce dernier « […] n’est d’abord rien. Il ne sera qu’ensuite, et il sera tel qu’il se sera fait ».Pour Sartre : «  il n’y a pas de déterminisme, l’homme est libre, l’homme est liberté »[3]. L’être humain donc est absolument responsable de son sort, c’est à lui de prendre en main le cours de sa vie. Il est ce qu’il se fait, ce qu’il a projeté d’être (l’homme est maître de ses actes et de son destin).

  • Quelques œuvres existentialises :

 J-P. Sartre, La Nausée (1938), Huis clos (1944); Les mains sales (1948), L’idiot de la famille (1971) ; Simone de Beauvoir[4], Le deuxième sexe (1949) ; Gabriel Marcel, Journal métaphysique (1927), Être et Avoir (1935) ; André MALRAUX, L’Espoir (1937).

I-         LA LITTERATURE DE L’ABSURDE

Bien que issu de l’existentialisme, ce courant, contraire à la raison et à la logique, présente la nature angoissée de l'Homme et aborde surtout toute l'absurdité de sa condition qui n'a pas de sens. Il a pour précurseur Alfred Jarry avec sa pièce, Ubu Roi. Définie dans Le Mythe de Sisyphe (1942), reprise dans L'Etranger (1942), puis dans Le Malentendu (1944),  l’absurde se retrouve dans La Peste (1947 d’Albert Camus (1913-1960). Selon Camus, l’homme prend conscience de l’absurde par la répétition de ses tâches quotidiennes. Face à l’impuissance de l’homme à trouver un sens à l’existence, l’absurde de Camus se base sur la révolte : « je me révolte, donc nous sommes ». L’absurde est ainsi la conséquence de la confrontation de l’homme avec un monde qu'il ne comprend pas et qui est incapable de donner un sens à sa vie : « Ce divorce entre l'homme et sa vie, l'acteur et son décor, c'est proprement le sentiment de l'absurdité. »

La littérature de l’absurde est majoritairement représentée par le théâtre de l’absurde .mais aussi par le roman.

 

Auteurs significatifs : Eugène Ionesco, La Cantatrice chauve (1950) ; Samuel Beckett,  En attendant Godot (1953) ; Arthur Adamov, La Grande et la Petite Manœuvre (1950) ; Jean Genet, Les Bonnes (1947) ; Albert CAMUS. 


D’autres groupes d'écrivains cherchent à renouveler l'expression littéraire. C’est le cas l’Oulipo (Ouvroir de LIttérature Potentielle) créé par le mathématicien François Le Lionnais et Raymond Queneau en 1960 et l'OuLiPopo (Ouvroir de LIttérature POlicière POtentielle) en 1982. Mais d’autres  recherchent vont être aussi mené sur à propos du roman (Le Nouveau Roman) et du théâtre théâtre (Théâtre de  la cruauté, théâtre de l’absurde)



[1] L’homme existe d’abord matériellement, dans son corps, puis par  ses actes qu’il choisit d’accomplir et dont il est responsable.

[2] Sartre Jean-Paul. L’existentialisme est un humanisme. Paris : Gallimard, 1996. p. 29

[3] Sartre, Jean-Paul. Idem. p. 39

[4]  Pour qui : « On ne naît pas femme : on le devient »